lundi 13 avril 2020

un texte proposé par Marie-Hélène

Et alors que Doll marche dans les rues de Berlin, il ressent vraiment pour la première fois que c’est la paix. Il passe devant des immeubles intacts, devant des ruines, sous des cimes d’arbres, il est heureux. En accord avec lui-même. En équilibre.
La vie continue. Ils vont surmonter cette période, eux, les épargnés, les survivants. La vie continue toujours, même sous les ruines. Les ruines ne sont pas importantes, mais la vie est importante. La vie avec ce brin d’herbe en centre-ville, au milieu de mille blocs de pierres brisées. Elle continue toujours.
Et peut-être que les gens apprendront en même temps quelque chose. Apprendront de leurs souffrances, de leurs larmes, de leur sang. Apprendront à contre-cœur, en hésitant ou avec enthousiasme. Apprendront que cela ne peut continuer qu’autrement, qu’il faut apprendre à penser autrement…


                                                                        HANS FALLADA . Le cauchemar
                                                                                                Ecrit en 1946

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